Bilan de la Journée Course au large et TIC du 19 Mai 2011
Ajouté par dans Actu | Animation | ArchivesLa journée du 19 mai 2011, Course au Large et TIC, animée par Pierre-Yves LAUTROU, a réuni une centaine de professionnels. Revenons sur les temps forts de la journée.
Ouverture de la journée par un petit retour en arrière avec Gilbert Dréan, journaliste voile au Télégramme et Roland Jourdain, skipper Véolia. Du journal de bord jeté par les skippers dans des sacs étanches, aux vacations vidéos live d’aujourd’hui : les technologies de communication en course ont considérablement évolués. Cela a beaucoup apporté à la course au large, aussi bien dans l’amélioration des performances des coureurs (grâce au routage notamment) que dans la médiatisation de ce sport. Les relations skipper / journalistes ont également évolué et aujourd’hui, face à l’abondance d’infos, les journalistes doivent faire des choix mais Bilou précise que malgré tout, le skipper reste maître de ce qu’il choisit de montrer.
L’acquisition d’informations à bord
Le routage, ou « Comment y va-ton ? », était au cœur de cette première partie, avec l’intervention de Jean-Yves BERNOT, routeur, et Michel RODET dirigeant de la société Adrena qui développe des logiciels d’aide à la navigation pour la course notamment.
Aujourd’hui, les données accessibles sont beaucoup plus nombreuses, de meilleures qualités et arrivent à bord en quasi temps réel en course. Le skipper et son équipe ont accès à des données très diverses (océanographiques, vents, polaires…) et peuvent ainsi établir et adapter leur route au fur et à mesure du déroulé de la course. Les évolutions dans la transmission de données par satellite ou le développement de logiciels de routage toujours plus puissants pour exploiter au maximum ces informations, sont des innovations majeures dans la course au large qui permettent des stratégies plus fines.
Le logiciel de routage développé par la société ADRENA en est un parfait exemple. Malgré, le calcul automatique des hypothèses de route, l’homme garde sa place au cœur de cette abondance de données. En effet, le routage reste un outil d’aide à la décision et permet d’optimiser la route choisie mais…il n’est rien sans l’interprétation par le skipper!
D’autres applications du routage existent dans la marine marchande et l’aviation mais avec un autre enjeu : la performance énergétique.
Dominique TAILLEFER, alias Mino, nous a offert une visite guidée via Skype des outils de transmission embarqués présents à bord d’un 40 pieds. Benoit MARSILLE dirigeant de la société ROM Arrangé, spécialiste de l’informatique embarqué, nous a présenté l’arrivée des tablettes qui révolutionne les usages sur les bateaux. Elles s’avèrent être un vrai plus sur un bateau, permettant de consulter les données en restant sur le pont. Même si des tablettes dédiées à la navigation existent depuis 15 ans, les dernières nouveautés sont beaucoup moins chères, avec une autonomie nettement supérieure, une polyvalence et une bonne visibilité de jour qui, au moins pour la plaisance, devraient à terme se substituer au système de navigation à bord.
Les enjeux de la communication à bord
La matinée s’est terminée par la diffusion du reportage sur le métier de média man (vidéo ci dessous) suivie par une table ronde avec Yann Riou et Kevin Escoffier, respectivement media men des teams Groupama et Banque Populaire.
Caméra au poing, ces deux ingénieurs de formation, capturent les images de la vie à bord, les meilleurs moments comme les pires, dans un métier né de la demande des sponsors pour une médiatisation plus importante et plus « spectacle »! Les organisateurs de la Volvo considèrent le média-man comme l’homme le plus important à bord. Ils lui demandent de se consacrer uniquement à la communication et de filmer aussi les moments difficiles ou de conflit . Même si certains craignent des dérives, une certitude pour les deux media men présents : la course au large est un sport et sa médiatisation doit le servir (permettre aux spectateurs de vivre la course comme s’ils y étaient) et non l’inverse (diffuser des incidents pour intéresser le public). Côté technologie, il est bien évident que ce nouveau métier est possible grâce aux avancées technologiques de captation et transmission vidéo. Dernière en date, le crash button, qui permet de sauvegarder a posteriori les deux dernières minutes enregistrées par les caméras fixes du bord. Dans un futur proche, on parle de prise de vue en 3D… affaire à suivre!
Après la course en équipage, la course en solitaire
Deux membres du team Sodebo ont présenté leur système innovant de communication à bord du monocoque de Thomas Coville qui a permis d’assurer 27 directs lors de son dernier tour du monde.
L’objectif de ce système est d’optimiser la captation d’images à bord en limitant le temps de travail pour le skipper tout en répondant aux demandes du sponsor.
Le concept :
- A bord, un système doté de micros et de caméras IP analogiques à activer par le skipper ainsi qu’un encodeur analogique/numérique. (semblable à un système de vidéo surveillance)
- A terre, un logiciel léger (régie audio et vidéo)qui permet de prendre le contrôle des caméras pour que le skipper puisse s’affranchir des réglages et qui effectue une diffusion multicanale (type duplex) en temps réel : Internet, TV et mobile.
Ce système a été une véritable satisfaction pour Thomas Coville et Sodebo, qui travaillent déjà sur l’amélioration du système afin de le proposer plus largement.
Et demain?
C’est avec cette question que cette deuxième partie s’est terminée. Francis Argouarch et Eric Vallée d’Alcatel Lucent Entreprise sont venus présenter la 4G qui permet la prolongation du bureau en mer d’ici 2012. Ils travaillent actuellement sur un récepteur 4G à embarquer sur les bateaux qui, (si les opérateurs tournent leurs antennes vers la mer) permettra une connexion similaire à l’ADSL jusqu’à 20 miles des côtes. Une véritable révolution qui ouvre de nombreuses perspectives sur les applications possibles en mer sachant que 95% du trafic nautique se fait dans un rayon maximum de 20 miles!
Christian DUMARD d’Imagili a complété la réflexion en nous présentant les nouveaux usages liés à la vidéo. Voici quelques unes des grandes tendances qu’il fallait retenir :
• La vidéo représente 51% des flux sur Internet
• Youtube est le deuxième moteur de recherche après Google
• Youtube a un trafic plus important que les 9 sites les plus consultés au monde
• 25% des vidéos vues sont visionnées depuis un terminal mobile
• L’hydroptère est le bateau le plus visionné sur Internet
• Le plantage de Coville sur le départ de son dernier tour du monde a été visionné 200000 fois en une journée!
Les nouvelles solutions pour suivre et faire la course à terre
Dernière table ronde la journée : les applications virtuelles qui permettent de suivre la course à terre.
• Vincent ESNAUD d’Addviso, cabinet de conseil dans la mise en place de stratégie web, précise qu’avant le site internet était au coeur du dispositif de communication mis en place lors d’une course. Aujourd’hui, avec la percée du social media il faut revoir sa stratégie et s’adapter.
• Philippe GUIGNE fondateur de Many Players, société qui a créé le célèbre jeu Virtual Regatta remarque qu’avant le grand public regardait l’évènenement sportif, maintenant il y participe. Véritable phénomène de société avec son million de joueurs inscrits et premier site nautique au monde avec ses 100 millions de pages vues, VR démocratise la voile et fait connaître ce sport (un joueur sur deux ne fait pas de voile). Virtual Regatta Inshore, en cours de déploiement sera aussi un outil pédagogique puisqu’il intègre les règles de l’Isaf.
• Emmanuel de BRESSY de Kalibee, société qui développe iSea3D, système de visualisation 3D et de suivi de courses inshore. Disponible sur smartphone, ce système permet de visualiser en live ou a posteriori une course inshore afin de débriefer sur les manoeuvres et faire progresser les coureurs.
Tous d’accord sur le fait qu’Internet joue un rôle clé dans la médiatisation du sport et plus particulièrement de la voile, il s’agit donc là d’un bon vecteur de communication qui permet de trouver de nouveaux licenciés et d’intéresser les jeunes à ce sport en associant le réel et le virtuel.
Pour plus d’informations : contact@lti-eurolarge.fr





